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CHAPITRE 18 / 20

Lumières, révolutions et liberté de conscience

Critiquer des institutions, conserver une foi ou repenser son rapport à elle : les images ne conduisent pas toutes au même endroit.

XVIIIe–XIXe siècles · critiques et transformations

Tribunal de l'Inquisition — Francisco de Goya

Tribunal de l'Inquisition

Francisco de Goya

1812 · date du tableau

01

Plus qu’une opposition entre religion et raison

Les Lumières et les transformations politiques de l’époque moderne mettent en débat l’autorité, la connaissance, les institutions et les droits. Elles ne produisent pas partout les mêmes relations avec le christianisme. Des croyants critiquent des autorités religieuses ; des institutions s’adaptent ou résistent ; des formes de vie religieuse se maintiennent tout en changeant.

La Révolution française et d’autres changements de régime modifient les rapports entre Églises, États et sociétés. Leur histoire comprend des destructions, des confiscations, des conflits et de nouvelles organisations. Décrire cette période comme une disparition complète de la religion empêcherait de comprendre ses continuations.

02

Goya ne peint pas un dossier administratif

Le Tribunal de l’Inquisition et la Procession de flagellants de Goya donnent une forme critique à des scènes religieuses et sociales. Les corps, les regroupements et l’atmosphère participent à cette lecture. Ces tableaux ne doivent pas être utilisés sans examen comme des comptes rendus documentaires d’un procès particulier.

Le Christ et Pilate de Nikolaï Gay place une question sur la vérité au sein d’une confrontation visuelle. La Procession sur la place Saint-Marc de Bellini appartient à une période bien antérieure : son rapprochement fait comparer deux façons de rendre visible une communauté dans l’espace public, sans prétendre qu’elles sont contemporaines.

03

La conscience et ses protections

La liberté de conscience, la tolérance et la liberté religieuse n’ont pas des définitions stables à travers tous les siècles. Les textes et les archives permettent de suivre les droits accordés, leurs limites et les expériences des groupes minoritaires. Un principe formulé ne suffit pas à établir la manière dont il est appliqué.

Les positions chrétiennes évoluent elles aussi. La déclaration catholique Dignitatis humanae, adoptée en 1965, est une source importante pour une formulation contemporaine de la liberté religieuse. Elle se lit comme un document daté, non comme la preuve que toutes les institutions du passé avaient déjà la même position.

RECHERCHE & LECTURES COMPLÉMENTAIRES

Les sources de ce chapitre

Les liens sous les tableaux renvoient aux collections institutionnelles. Exposition, prêts et accès peuvent changer : consultez le musée avant une visite.

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